Creisset

Un temps d'octobre accompagnait notre départ ce mardi 6 octobre, un temps couvert et frais, donc bien pour marcher.

Notre petit cortège d'autos rallie Chabrières, puis un peu après on se gare devant la passerelle dite, très à propos, "de Creisset", une passerelle qui permet de franchir la rivière des 3 Asses. Les sumacs commencent à flamboyer sur les pentes. Devant nous se dresse l'imposante falaise de Valbonette, et ces gros rochers verticaux font craindre le pire à quelques unes des alertes randonneuses du jour. Mais non ballots, la variante escalade n'est pas prévue, nous allons en faire le tour.

Les quelques 450 m de l'unique grimpette du jour nous attendent. Après le raidillon au bout de la passerelle, nous bifurquons à droite de la falaise de Valbonette, et nous prenons le sentier plat qui longe la rivière vers l'aval. La mise en jambe est tranquille. Puis le chemin s'en écarte et monte par à coups raides dans le réseau de traines d'exploitation.

Les souffles se font courts, les paroles se font rares, mais à l'appui des sumacs le feuillage jaunissant des érables égaye les regards : Érable champêtre, Érable opale, et même quelques Érable plane.

A mi-pente, le cheminement quitte les traines pour rejoindre un sentier confortable tracé lors du vieux boisement de mélèzes et de pins noirs, du moins on l'imagine. C'est un très joli passage boisé, avec des échappées de vues vers la vallée. Il est temps de faire une pause. Puis un dernier coup de rein nous amène au Col des Chandres. Nous apprendrons un peu plus tard que Chandre est un patronyme connu du village de Creisset.

A partir du col une piste forestière plane nous conduit aux ruines de Creisset. La piste traverse une série d'éboulis rocheux, dont les blocs pourraient avoir été utilisés pour la construction de ces hauts villages. Nous délaissons provisoirement Creisset, pour atteindre le hameau ruiné du Haut Villard, 300 m plus loin. Une cabane, une fontaine, une table couverte d'une treille, nous y attendent, le tout magnifiquement entretenu par l'ONF, et bien soigné par les visiteurs attentifs.

Dommage qu'on ne puisse s'attarder, car le temps frais et la grosse barre de nuages, qui roule vers nous venant du sud-est, ne nous incitent pas à flâner autour du déjeuner. Avant de quitter nous ajouterons nos signatures au registre des passages mis à la disposition des randonneurs.

Cette fois nous nous arrêtons pour visiter Creisset, le temps d'une déambulation songeuse dans les ruines, d'un arrêt respectueux devant les dernières tombes, le temps d'un hommage silencieux à ses habitants, et, au sommet du rocher, le temps de poser nos yeux sur le fabuleux panorama qui a nourri touts ces vies passées. Une équipe d'amoureux du site à remonté la croix de mission qui gisait en morceaux dans les broussailles.

La descente vers la vallée est régulière par le sentier ancien, encore bordé de place en place par les vestiges des murs de soutènement. De très vieux chênes brogneux attestent des pratiques d'émondage passées. Nous quittons le silence des ruines pour nous rapprocher du tumulte des 3 Asses et du vrombissement des moteurs sur la RN85. Comme si nous avions effectué un aller-retour temporel.

La pluie nous rattrape à l'oratoire de Saint Étienne, mais nous somme presque au bas de la pente. Nous regagnons les autos, à peine humide, pile-poil comme prévu, la "fenêtre" était vraiment bien calculée !

Pour clore cette balade, nous retrouvons l'abreuvoir connu du bistrot de Mallemoisson. En version covid c'est moins joyeux, car étant au nombre de 14, il faut se répartir en 2 tablées ! Mais ne boudons pas le moment, tous ravis des images du jour et de notre amitié.

A mardi prochain, pour une randonnée à la Grande Aiguille, menée par Hélène, vers le Castellard-Mélan. RDV à Cruis à 8 h 30, parking Grillet.