Repentance

Bon, la rando du jour n'était pas tout près de Cruis, mais pas de quoi effrayer les randonneuses et randonneurs de Lurosport. Ce sont 19 gentils membres qui ont fait le voyage pour Moustiers-Sainte-Marie. Chemin faisant on s'aperçut que ce fut chacun sa route pour rallier la perle du Verdon, mais la fantaisie n'empêcha pas la précision à l'arrivée.

Le convoi se reforme un peu avant Moustiers, devant le fameux dinosaure de Ségriès, puis nous garons les autos au gué de Peiringue, peu après Moustiers.

Après une hésitation du meneur indécis, le bon chemin est trouvé en direction nord, c'est un bout du GR4. Nous tournons rapidement vers l'ouest, vers la pente qui conduit au plateau de Valensole. C'est une variante du GR4, une piste forestière qui passe devant la ferme fortifiée de L'Hert. S'offre à nos yeux admiratifs un ensemble bien rénové de murailles et de bâtiments construits en galets de Valensole.

En face de nous se dresse le raidillon qui mène au plateau par le canton du Paradis, la difficulté du jour. Vaille que vaille, car autant la pente que la chaleur humide font ruisseler les visages, nous en venons à bout. Le Paradis se mérite ! Il prend les couleurs des cultures du plateau, le rose de la Sauge sclarée, le timide violet des lavandes, sous le ciel grommelant de nuages orageux. Il pleut au loin.

Les foulées s'allongent à peine sur le plat, car une fois le souffle retrouvé, ce sont les papotages qui reprennent. Il faut dire que les vues sont superlatives. Au carrefour de Chaudon, là en dessous, le lac nous éclabousse de bleu, c'est stupéfiant. Et comme midi est dépassé, nous décidons de déjeuner ici avant de redescendre, face panorama des gorges du Verdon et du lac.

Les maudits galets roulant corsent la descente, puis quelques gouttes s'écrasent sur les chapeaux. Eclairs et coups de tonnerre hérissent les poils, et de notre position nous voyons les nuages de pluies crever sur Aiguines. Dommage de ne pas s'attarder, les falaises des ravines boisées, qui ont échappé au feu, sont surprenantes. Au pied de la pente, nous longeons une adorable crique où l'eau bleue du lac murmure sur la grève, une véritable invitation au bain, le chant d'une sirène à l'oreille de l'enfant. Mais l'orage gronde toujours, et la raison l'emporte. Ne flânons pas, courrons vite aux autos !

Les derniers km serpentent le long de la Maïre, une rivière chantante ombragée, bordée par les mobil-homes. Et ce chemin qui n'en finit pas, tant et si bien que la pluie finit par nous rattraper un peu avant le camping de Saint Clair. Un noyer généreux de ses feuilles nous offre un abri le temps que passe le nuage frais.

Et voilà les autos. Et puis voilà la terrasse de l'accueillant bistrot de Puimoisson. Et enfin retour chez soi, la tête réjouie d'images et d'amitiés. Quelle belle journée, bravo à toutes et tous !

Mardi prochain direction Mévouillon, la Tête de Croc.

Rendez-vous Cruis 8 h, Saint-Étienne 8 h 15.