Retour culturel

C’est le jour du retour à la maison mais nous prolongeons le programme par la visite du village de Ceillac, de son marché, de l’église Saint-Sébastien où se trouve une exposition de photos. La redescente dans la vallée permet de jeter un œil dans les gorges du Guil. Arrivé au pied de Mont-Dauphin, nous faisons le petit crochet pour nous rendre à la fontaine pétrifiante de Réotier, au bord  de la Durance, qui se construit naturellement par dépôt du calcaire et de sels minéraux qui remontent du tréfond de la grande faille de la Durance, formant ainsi un tuf de couleur ocre clair. C’est même l’occasion d’une mini-randonnée en suivant le chemin qui monte au-dessus de la fontaine pour revenir en une boucle au parking aménagé.

A midi nous montons à Mont-Dauphin, commune de 200 habitants dont le fort, aménagé par Vauban sur un éperon rocheux surveillant le confluent des vallées de la Durance et du Guil, est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Après un agréable déjeuner dans un des restaurants de la place, nous visitons les fortifications et l’église Saint-Louis jamais terminée (elle est presque aussi haute que large et longue). C’est pendant que nous sommes à l’abri dans l’église que se déchaîne un bref mais violent orage de grêle. Il est bientôt 14 heures, c’est l’heure de se rendre à l’étonnante exposition d’Ousmane Sow qui vient d’ouvrit la veille dans un casernement à l’opposé. Il pleut un peu, il fait froid, nous arrivons au rendez-vous de 14 h 10 pris sur Internet (c’est le seul moyen de réserver). Nous attendons la guide qui arrive enfin, emberlificotée dans sa cape de pluie, elle n’arrive pas à trouver son portable qui doit lui permettre d’appeler un quidam chargé de venir lui remettre la clé de l’exposition. Enfin on se dirige vers la caserne Rochambeau, il faut encore cheminer et monter des escaliers. Arrivés devant la porte d’entrée, la clé ne fonctionne pas ! Madame, vite, ça caille ! La guide repart seule dans l’autre sens pour trouver une autre entrée à l’autre bout du bâtiment !  Au moment où elle arrive enfin à nous ouvrir de l’intérieur, un gardien appelé à la rescousse arrive aussi avec la bonne clé !...

Ousmane Sow est un sculpteur sénégalais décédé en 2016 dont les œuvres, des sculptures plus grandes que nature faites de fer à béton, de paille plastique, de toile de jute enduite d’une matière de sa composition, représentent des hommes en action. Il a exposé à Paris sur le pont des Arts. Ici à Mont-Dauphin, et pour 10 ans, le thème est la fameuse bataille de Little Bighorn au cours de laquelle en 1876 les Indiens ont mis en déroute l’armée américaine et tué le général Custer. Ce sont 24 personnages et 11 chevaux exposés sous une magnifique charpente en berceau en mélèze. On y voit notamment Sitting Bull en prière avant la bataille, la mort de Custer, une scène de scalp, la charge du chef indien Two Moons enjambant des chevaux morts.

Finalement, le programme de ces quatre jours aura été chargé, varié et riche malgré la météo. Rendez-vous pour de nouvelles aventures en septembre !